Saturday, September 10, 2005

Messages des anciens...


Ecrire avec des détenus... un moment simple mais riche.

"Les mots, simplement des mots, pour dire qui on est, pour dire des sentiments, pour faire partager des rêves, des goûts, mais aussi la dureté de la vie... Les femmes c'est leur vécu qu'elles expriment en premier, leurs souffrances et leurs joies. Les hommes, mineurs, plus pudiques, laissent transparaître tout d'abord le poids des stéréotypes transmis par l'environnement dans lequel ils ont grandi... Des mots qui leur permettent aussi peu à peu de se projeter, de se construire. Mais un atelier d'écriture, c'est aussi un temps pour parler, rire... fou rire parfois, s'évader de notre quotidien, de notre routine. Je dis « notre » parce que c'est vrai autant pour les détenus que pour nous.

Voilà, l'Ombre et la Plume, c'est une association qui propose une fois par semaine des ateliers d'écriture et de lecture à des détenus de la maison d'arrêt de Valenciennes. Il s'agit de prendre deux heures, chaque mercredi après-midi, avec un groupe de femmes ou un groupe de mineurs du quartier homme, pour s'évader par les mots et la parole. C'est un espace de libre expression puisque aucun gardien n'assiste aux séances et que leurs textes ne sont pas lus avant qu'ils ne soient sortis. Nous ne sommes ni juges, ni médecins, ni assistantes sociales, ... mais simplement là pour partager quelques heures et échanger avec ces jeunes hommes et ces femmes.

L'Ombre et la Plume, c'est aussi « les plumeux », une équipe soudée et toujours dans les bons coups ! Vous les reconnaîtrez très facilement grâce à leurs polos rouges... et vous apprécierez leur disponibilité et leur gentillesse. Après une année 2004/2005 très riche, recompensée notamment par notre premier prix dans la catégorie "solidarité et coopération" décerné par la Fondation BMW en juin dernier, c'est Juju qui va mener les troupes, solidifier et faire grandir encore plus notre si beau projet.

Alors si vous êtes motivés pour vivre des instants différents, n'hésitez pas à nous rejoindre ou simplement à venir en discuter avec nous. Vous serez certainement surpris par la richesse des échanges permis par ces ateliers. "

Magali Lacote et Christophe Saboureau
Présidente en 2004 et Président en 2005
christophe.saboureau@edhec.com


Monday, September 05, 2005

A la Une: Les 12 et 13 septembre 2005, 60ème anniversaire de la Justice des mineurs


Les 12 et 13 septembre a eu lieu le 60ème anniversaire de la justice des mineurs au Centre de Conférence International de Paris. A ce titre c'est un double anniversaire qui était célébré, celui de l'ordonnance du 2 février 1945 relative à l'Enfance délinquante et celui de l'ordonnance du 1er septembre de la même année portant création de l'Education surveillée , nommée Protection Judiciaire de la Jeunesse en 1990.

Sunday, September 04, 2005

Actu: Extraits choisis du discours de MONSIEUR LE GARDE DES SCEAUX


Extraits du discours de MONSIEUR LE GARDE DES SCEAUX

60E ANNIVERSAIRE DE L’ORDONNANCE DE 1945
"Méditant un jour sur les leçons de l’existence, Châteaubriand écrivait : « Il est un âge où quelques mois ajoutés à la vie suffisent pour développer des facultés jusqu'alors ensevelies dans un cœur à demi fermé : on se couche enfant ; on se réveille homme ». Je fais partie de ceux qui considèrent qu’un mineur ne doit pas « se réveiller homme » dans une prison, prenant conscience trop tard de son acte. Cette conviction reflète l’esprit de l’ordonnance de 1945 que nous avons fêtée au cours de ces riches journées de débats. "
"Et dans ce domaine les chiffres sont accablants. L’observatoire national de l’enfance en danger estime que 235.00 enfants seraient en danger. En 2004, le nombre de nouveaux cas de mineurs en danger dont ont été saisis les juges des enfants est de 113 600, soit une hausse de 7,8 %, ce qui est tout à fait considérable, par rapport à 2003.
Une prise de conscience est donc nécessaire. Je sais que les appels et les réflexions en faveur d’une refondation de notre système de protection de l’enfance se multiplient. Je les considère comme salutaires. Nous avons besoin d’un grand débat public."
Donner des repères à l’adolescent
"Comment préparer un adolescent à vivre librement dans une société sans lui donner des repères ?
Donner des repères, c’est justement faire prendre conscience des limites de sa liberté dans une société individualiste. C’était l’objectif de l’ordonnance de 1945. Il y a des règles à respecter dans toutes les sociétés. La liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres, affirme avec force la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen. Jamais ce texte fondateur de notre histoire n’a été aussi pertinent."
"Donner des repères, c’est agir en faveur de la prévention de la délinquance, éviter le premier passage à l’acte et détecter les signes parfois avant-coureurs de la délinquance que peuvent constituer par exemple l’absentéisme scolaire ou la toxicomanie, en agissant très en amont. C’est d’ailleurs pour cette raison que l’implication de la justice, aux côtés des services de police et de gendarmerie est de plus en plus forte dans les dispositifs partenariaux, tels que les contrats locaux de sécurité ou encore dans les conseils départementaux de prévention de la délinquance. "
Insérer les jeunes
"Les jeunes ne sont pas une catégorie, un ensemble homogène ayant des droits ou des devoirs particuliers : ils ont vocation à être des citoyens à part entière"...."C’est pour cela que toutes les collectivités publiques ont leur rôle à jouer pour favoriser leur intégration.
Je pense avant tout à l’Education Nationale et aux acteurs de la formation professionnelle. Il n’y a pas de réinsertion dans la vie sociale sans apprentissage des savoirs élémentaires. La lutte contre l’illettrisme et la scolarité sont indispensables. C’est au sein de l’école républicaine que l’on prévient la délinquance des mineurs. Justice et Education Nationale mènent déjà des actions communes, en particulier dans les classes ou ateliers relais. Je souhaite que cette collaboration soit plus riche et qu’elle soit exemplaire de la mobilisation de tous les services de l’Etat au service de cette noble cause : l’intégration des jeunes dans la vie adulte."

Une équipe, le début d'une histoire...

L'équipe 2004/2005 de l'OMBRE ET LA PLUME
Débout de gauche à droite: mike, fred, marie, françois alias La Schlub, juju, roro le blagueur fou, toinou et math

Assis de gauche à droite: cyrille, LN, moumoune alias mel, noé et Le Sab

Proverbe Sabourien


"L'Ombre et la Plume, ce n'est pas une grande association, mais c'est un grand projet..."

Revue d'effectif!

Hommage au prez 2004/2005 et à son fidèle expert-comptable...

et voici le millésime 2005/2006! Messieurs JuJu et La Schlub.

Thursday, September 01, 2005

17/06/2005: L'Ombre et la Plume gagne le 1er prix de la fondation BMW 2005!!!!!


Bonjour à toutes et à tous,

ce vendredi 17 Juin 2005 restera comme un grand jour dans l'histoire de l'Ombre et la Plume. C'est avec une grande émotion, en tant qu'ancien Président de l'association, que je vous adresse donc à tous la nouvelle:
Nous venons de remporter le premier prix de la Fondation BMW 2005 dans la catégorie "solidarité", soit la somme de 4000€!
D'emblée, il me semble fondamental de remercier en particulier roro qui a piloté le projet, ainsi que moumoune et math qui ont planché dessus.Mais plus que cela, c'est à toute l'équipe que je dis MERCI et BRAVO pour cette année fabuleuse, pour votre dévouement et la passion que vous avez su mettre dans ce projet sublime.
Cela nous rappellera à tous que tout est possible à condition de s'en donner les moyens et de faire les choses avec passion, avec amour. Nous sommes parti de pas grand chose, et même si la route est encore longue, nous avons parcouru cette année un grand bout de chemin tous ensemble, main dans la main. Pour faire le bilan de mon année à la tête de l'association, je n'ai eu qu'une seule chose à faire en cette fin d'année: observer. Observer l'équipe, et voir dans vos regards cette envie, cette passion de faire quelque chose de bien ensemble et avec les détenus.


J'aime ce projet, et je suis heureux d'avoir réussi à vous transmettre cette flamme à tous.
N'en déplaise à beaucoup de monde à l'EDHEC, l'Ombre et la Plume, c'est certes une petite association, mais c'est aussi un grand projet, une équipe de gens simples et de gens biens.
Je vous laisse à présent savourer cette nouvelle, et je vous dit encore une fois merci.
Je vous souhaite à toutes et à tous d'excellentes vacances.


Christophe alias le sab

Remise du prix: la photo officielle

La remise en photo (1/2)

Juju, Christophe et Noé aux côté du DG de BMW France (à l'arrière plan) lors de la remise des prix aux "Voutes" à Paris.

La remise en photo (2/2): le discours de l'OP devant l'assemblée!

Juju tu as des airs de PDG de BMW sur cette photo!

Saturday, August 13, 2005

Toute l'équipe 04/05 à la loupe! Merci à vous tous.

Christophe et roro le blagueur fou, amis pour la vie...

Cyrille!
Juju et la Schlub, les meilleurs!

Manou et Hélène!

Math et Antoine!

Marie et Fred!Noé et Marie! Hélène et Mike!

Friday, August 12, 2005

Interview de Mr Alexandre Jardin


Alexandre Jardin pourrait se contenter de savourer le succès qui ne manque pas de couronner la parution de chacun de ses romans. Mais non, il a décidé de mobiliser des retraités bénévoles pour «Lire et faire lire» dans les écoles.

Romancier, réalisateur, vous publiez 1+1+1... (Grasset), un essai politique que vous présentez comme un livre de combat. Quelle est la raison de votre engagement?
ALEXANDRE JARDIN. J'en ai assez qu'on ne règle pas des problèmes tels que l'échec scolaire, la délinquance juvénile, la violence dans les collèges... Avec le Relais civique (association fondée en 1998), j'ai enquêté. Les solutions existent, les partenaires aussi. Je publie ce livre pour lancer une révolution. J'appelle à la création d'une Agence des pratiques, indépendante, chargée de repérer, d'évaluer et d'étendre au pays les pratiques locales qui fonctionnent. C'est ce que nous avons fait avec «Lire et faire lire». Au début on m'a ri au nez. Maintenant, dans 3 000 écoles, 87 départements, 5 000 retraités bénévoles viennent donner le goût de la lecture aux enfants. Car aujourd'hui tout passe par l'écrit, c'est la clé.

On comprend qu'un écrivain défende la lecture. Mais quand vous expliquez comment régler la violence à l'école, la délinquance, les problèmes d'intégration, de réinsertion... quelle peut bien être votre crédibilité?
A.J. Je me bats pour des idées qui ne sont pas les miennes mais celles de praticiens. Je fais remonter des initiatives éducatives qui, je ne comprends pas pourquoi, ne sont pas généralisées. Et «Lire et faire lire» est la preuve que ce que je raconte tient debout, que ce n'est pas le discours d'un intello éthéré. Je fais de la politique mais ne veux pas me faire élire. Je veux donner du pouvoir aux partenaires, car la révolution doit partir de la base, des citoyens. D'où le titre: 1+1+1...

«1000 mots» est un programme créé par le Relais civique. Concrètement, vous faites lire Les trois mousquetaires à des caïds. Ça donne quoi?
A.J. Nous sommes partis d'une analyse de Claude Bardon, un ancien directeur des Renseignements généraux: moins un être humain possède de mots, plus il frappe dur. Nous avons expliqué à des leaders de quartiers que la vraie force passait par les mots. Pour le choix du livre, on ne s'est pas trompé: Dumas a une force narrative effarante, et d'Artagnan, avec sa tchatche et son ego surdimensionné, les fait rire. En milieu ouvert, ce fut un échec: ils ne venaient pas au rendez-vous. Mais à la prison de Villepinte, un adolescent a appris trois cents mots: il n'est pas devenu un agneau mais il a changé d'univers mental. Je crois beaucoup aux pratiques indirectes. Et même si on ne parvient pas à les étendre, elles garderont une réalité locale.
Comment conciliez-vous la politique et l'écriture?
A.J. J'ai toujours rêvé de faire de la politique. Mais y entrer de façon classique me désespérait. Alors je me suis tourné vers l'écriture. Aujourd'hui, j'ai trouvé un moyen de faire de la politique. Bénévolement, grâce à mes droits d'auteur. Et puis, tout ce que j'ai pu écrire est terminé: Mademoiselle Liberté (Gallimard), volontairement radical, va au bout de mon cycle de romans amoureux. Mais je continue à écrire: d'ici deux, trois ans, je publierai quelque chose d'extraordinairement différent de ce que j'ai fait et de ce qui se fait. Quelque chose de nouveau. Ce sera de la fiction. Un projet qui, pour l'instant, me paraît énorme, tentaculaire...

Source: Lire : fr - par Ingrid Merckx Lire, juin 2002

Actualité: Opération "1000 mots"


Paris, le 28 octobre 2003
Ministère de la Justice Ministère délégué à l'Enseignement scolaire

http://www.justice.gouv.fr/presse/conf181104b.pdf

Opération « 1000 mots »

Dominique Perben, Garde des Sceaux ministre de la Justice et Xavier Darcos ministre délégué à l'enseignement scolaire donneront, mercredi 29 octobre, le coup d'envoi de la première étape de l'opération « 1000 mots », en présence d'Alexandre Jardin, de Pascal Guénée, président de l'association « le relais civique » et de Marc-Olivier Sommer, président de France-Loisirs.
Ce programme a pour objectif d'élargir le vocabulaire de jeunes en difficulté et de développer la pratique de la lecture. Il s'adresse à des jeunes en « classes-relais », en prison ou dans des établissements de la protection judiciaire de la jeunesse.

Ces jeunes cumulent les plus grandes difficultés et les échecs scolaires. Ils ne maîtrisent souvent qu'environ 200 mots. Le programme, qui vise à leur faire acquérir 1000 mots, par la rencontre avec un livre, repose sur l'engagement de bénévoles, spécialement formés et suivis par les encadrants professionnels, enseignants de l'éducation nationale, éducateurs de la protection judiciaire de la jeunesse et personnel de l'administration pénitentiaire.
Cette opération contribuera à mettre le pied à l'étrier de ces jeunes, à leur donner des chances d'insertion et de réinsertion supplémentaires et à briser la spirale de l'échec.
Déjà testé une première fois à la maison d'arrêt de Villepinte, le dispositif pilote y sera expérimenté à nouveau, ainsi qu'à Loos-les-Lille, dans les semaines qui viennent.
Un établissement de la PJJ de Bruay-la-Buissière (Pas-de-Calais) et le collège Jean-Jaurès de Lens ont également été retenus pour cette expérience, qui fait l'objet d'une convention entre tous les partenaires : la société France Loisirs, l'association le Relais Civique, le ministère de l'éducation nationale et le ministère de la justice.

En application de cette convention le programme sera évalué et un bilan de l'expérience dans les sites pilotes sera dressé avant une éventuelle extension.

http://www.justice.gouv.fr/presse/conf181104b.pdf
Contacts Presse : Ministère de la JusticePatricia CHAPELOTTE
Tél : 01 44 77 22 02 Ministère Délégué à l'Enseignement Scolaire
Pascale SILLARDTél : 01 55 55 08 10

Tuesday, July 19, 2005

Exemple d'intervention



Séance 2 – mercredi 2 Mars 2005 - Thème animé : les catastrophes naturelles et le tsunami du 26 Décembre 2004


NB: l' unique objectif de la publication de cet extrait, qui est tiré d'une animation que vous avions mis en place suite à la catastrophe provoquée par le Tsunami du 26/12/04, est de vous aider à mieux comprendre le type d' ateliers que nous mettons en place avec les détenus.

1. A quoi vous font penser ces images ?

" Ces images font penser que la vie est trop courte. Il y a plusieurs familles qui ont été détruites. Il y a eu 200 000 morts, les ports ainsi que les maisons, hôtels ont été détruits ainsi que leurs habitants. " Z.

" Ceci est atroce de voir autant de personnes mortes. C'st la nature qui a tué beaucoup de gens innocents." J.

" Je trouve ça triste qu'il y ait autant de morts. Je ne pensais pas qu'une vague pouvait faire autant de blessés et de morts. " C.

" J'ai peur. Je suis triste parce que beaucoup de gens sont morts. " C.

2. Pour vous, qu'est ce qu'un tsunami ?

" C'est un raz de marée à cause de la mer, il y a beaucoup de risques pour les gens. " C.

" Une grande vague qui recouvre tout. " C.

" C'est un raz de marée, une grande vague qui emporte tout sur son passage. " J.

" C'est une vague qui peut atteindre la taille d'un immeuble de plusieurs étages. "
Z.

Faire un récit à propos du raz-de-marée en Asie du Sud-Est à partir de ces mots :
Catastrophe – effroi – humanitaire – peine – hécatombe – solidarité- deuil – ravage – famille – humanité – générosité


" Face à le catastrophe naturelle du tsunami il y a eu une hécatombe effroyable de maisons et de familles ravagées. Suite à l'énorme élan de générosité et de solidarité, les aides humanitaires ont mis en place des collectes de fond pour reconstruire les bâtiments (écoles, hôpitaux, etc.). Face à l'humanité des gens du monde entier, la peine des familles des victimes les empêche de faire leur deuil. " Z.

" Ceci est une catastrophe pour l'humanité qui fait de la peine à beaucoup de familles. L'humanitaire, c'est-à-dire la solidarité et la générosité donnent du courage aux victimes. C'est ravagé, tout est démoli. " J.

" Je trouve que c'est bien qu'il y ait des structures comme la Croix Rouge qui aide les pays en difficulté. La catastrophe a provoqué une hécatombe. On peut remercier les gens de leur générosité. " C.

5. Si vous pouviez écrire aux victimes, que leur diriez vous?


" Bon courage, faites attention à vous et votre famille on va vous donner à manger pour vous et votre famille. " C.

" Je souhaite beaucoup de courage pour toutes les familles qui ont été victimes, c'est une catastrophe, ce qui est arrivé dans votre pays ne devrait pas arriver. Je vous souhaite bon courage. " J.

" Garder la pêche. Je souhaite que vous soyez tous au paradis, pour les rescapés la prochaine fois aller à la piscine, et loin de la mer. Continuer à collecter des fonds pour reconstruire ce qui a été détruit. " Z.